Camille

Camille
Chers lecteurs et lectrices,

Avant que vous ne commenciez la lecture de cette nouvelle, je tiens à vous mettre en garde que celle-ci comporte des scènes qui pourraient heurter la sensibilité de certains d'entre vous.

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Camille, un prénom qui résonne comme un murmure au loin.

En ces temps-là, nous étions les meilleures amies du monde, toi et moi comme deux doigts de la main, inséparables. Nous étions jeunes, immatures, innocentes, nous répondions toujours présentes pour les pires bêtises. Nous avions évolués ensemble, partagés les mêmes bancs d'école. C'est à ce moment-là que tu as commencé à le regarder différemment, ta vision de cet homme avait changé, tu étais devenue femme. Je crois même que tu découvrais l'amour, c'est lui que tu avais choisi pour en parcourir les méandres. Je me suis sentie un peu abandonnée par cette situation qui se présentait à nous, elle devait nous séparer, c'était certain. Nous n'étions plus des enfants, notre esprit ainsi que nos corps avaient d'autres aspirations que de grimper aux arbres ou de voler les petites piécettes récoltées par le curé lors de la messe du dimanche. Instinctivement, nous tournions la page d'une partie de notre vie, la nature reprenait ses droits. Arriva le jour où tu m'annonças ton intention de vivre avec lui, que c'était le compagnon idéal, peut-être même le père de vos futurs bambins. Je n'avais pas confiance en lui mais je t'ai laissé faire, c'était ton choix. Je m'en voudrai toute ma vie de ne pas avoir agi à cet instant, bien des larmes et des drames auraient ainsi pu être épargnés. Je n'ai rien dis car j'y croyais, tout le monde peut changer, chacun de nous a droit à une seconde chance, à commencer par lui. J'étais loin de m'imaginer la suite, incapable de concevoir le calvaire que tu allais endurer en permanence.

De quel droit s'est-il permis de briser ta pureté de cette façon ? Pourquoi ne l'as-tu pas quitté ? Tu l'aimais, sans doute, pour avoir accepter cette attitude à ton égard mais saches que l'amour n'excuse pas tout. Il n'avait pas le droit de t'injurier comme une pauvresse, de te dénigrer, de te sous-estimer. Tu ne méritais pas un tel traitement, d'ailleurs personne ne peut être malmené ainsi, rien ne peut justifier un tel comportement. La violence de ses propos était telle que tu as fini par devenir folle. Je n'ai rien vu venir, je t'assure, il ne faut pas croire que mon inaction aurait pu faire de moi sa complice. Tu ne racontais rien de ce que tu vivais, tu le cachais, tu en avais trop honte comme la plupart de ces femmes n'existant uniquement que dans l'ombre écrasante de leur compagnon. Il était malin, il ne te frappait jamais au visage, personne ne pouvait soupçonner de tels actes et puis le harcèlement moral ne laissait pas de traces non plus. Tu as souffert dans une parfaite solitude, même moi, j'ai fini par te tourner le dos. J'avais rencontré mon futur mari, nous avions aussi des projets. J'ai été égoïste, je ne me suis occupée que de ma petite vie sans me soucier de la tienne. Que de regrets ! Tu avais peut-être l'espoir qu'il change, essayé qu'il découvre de lui-même une autre façon d'aborder la vie, votre couple. Tu voulais être là quand le déclic se produirait, étais-tu vraiment obligée de subir ses éternelles frustrations ? Je ne le pense pas, ce n'était pas à toi d'attendre un avenir meilleur mais à lui de ne pas persister à te le gâcher !

Tu as fini par être emmenée à l'hôpital, je l'ai su par ta mère. Je suis directement venue à ton chevet, quelle tristesse ! J'ai constaté l'ampleur des dégâts, toutes ses séquelles physiques et psychologiques que tu traîneras le restant de tes jours. Toute cette cruauté mise à nu ! Tu avais littéralement été rouée de coups, tu étais méconnaissable. Je n'ai pas arrêté de pleurer, je me sentais si impuissante, j'avais la rage. S'était-il rendu compte jusqu'où il était allé ? Le plus important était que tout était terminé, maintenant j'étais au courant de tout ce qui s'était passé. J'étais déterminée à te reprendre en main mais le destin en décida autrement. Les médecins ont préféré t'interner dans un centre psychiatrique, tu étais trop atteinte nerveusement, tu avais besoin d'être suivie par des spécialistes. Je suis toujours restée à tes côtés, toutes les semaines, je passais te rendre visite. Nous nous promenions dans le parc jouxtant le bâtiment central, tu as commencé à vider ton sac pour entrer tout doucement dans les détails. Que s'était-il réellement produit dans votre huiclos ? A t'entendre m'expliquer ta descente aux enfers, j'en avais des frissons, j'hallucinais. Toi, si frêle, comment as-tu pu y survivre ? Ce bourreau qui s'acharnait sur toi, qui n'a jamais eu aucune compassion, tu n'étais rien. Tu étais à sa disposition, tu étais à ses ordres, tu n'étais pas humaine, tu étais sa chose. Tu ne te rendais même pas compte à quel point il t'avait rabaissé, réduite à une simple serpillière, tu n'étais plus qu'une miette dans le néant de cet esprit dérangé.

Tu m'as décrit chaque scène de violence avec beaucoup de précision, tu avais besoin d'évacuer tout ce mal imprimé en toi, déverser ce venin qui te pourrissait les veines. Malgré mon aversion face à tant d'horreur, de méchanceté gratuite, j'essayais de te comprendre. Parfois, j'avais du mal, il m'était difficile de supposer qu'une femme puisse continuer à espérer en son conjoint dans une atmosphère aussi pesante, tellement humiliante. Je me souviens d'une en particulier, au-delà de l'inimaginable, impossible à créer même dans les esprits les plus fertiles.

Il est rentré ce soir-là alors que tu étais à t'affairer au ménage, déjà la crainte se lisait dans tes yeux. Contrairement à ses habitudes, il te prit par la taille et t'embrassa fougueusement. Son regard posé sur toi, était différent, tu as cru à une réminiscence, à un nouveau départ. Tu sentais une joie indescriptible monter en toi, tes joues rougissaient, tu en avais les larmes aux yeux. Ce portrait idyllique ne dura, malheureusement, qu'un court instant. Il commença par te frapper au visage, surprise par le choc, tu tombas à terre. Il t'empoigna par le cou et te traîna jusque dans la cuisine où il te jeta sur la table violemment. Il t'arracha les vêtements comme un sauvage, son visage était pourpre, il avait de la bave à la commissure des lèvres. Sa bouche était défigurée par des spasmes, il avait la haine, ses yeux roulaient dans leurs orbites. Ce n'était plus un homme mais une bête assoiffée de sang. Tu étais nue, il ne s'arrêtait plus de te battre, les coups pleuvaient. Il s'esclaffait comme un dément, il exultait, les veines de son cou en devenaient saillantes. Il prenait du plaisir à te voir souffrir, si soumise. Il prit une cuillère en bois et te la planta entre les fesses, il te crachait dessus. Cela ne suffisait pas, il débrailla son pantalon et te mis son sexe en bouche. Il t'arrachait les cheveux, ses ongles s'enfonçaient dans ton crâne. Il en voulait toujours plus. Tu pleurais, tu le suppliais de cesser. Il ne t'écoutait pas, il te donna même un coup de poing pour te faire taire. Il t'agrippa par les épaules et te mis à quatre pattes, face contre terre. Il te sodomisa, sèchement, sans âme, sans amour. Tu hurlas de douleur, tu finis par perdre connaissance. A ton réveil, nue sur le carrelage, une marre de sang s'étendait à tes côtés. Tu avais beaucoup de peine à ouvrir les yeux, il était là près de toi, inconscient.

Il avait un couteau planté dans le c½ur. Cet organe avait toujours été de pierre, tu avais réussi à y frayer un chemin avec ton instrument de mort. Tu l'avais vaincu.

L'avocat posa sa main sur mon épaule et me dit :

«Madame, c'est à votre tour de témoigner».

# Posté le lundi 05 mai 2008 03:31

Chère amie

Chère amie
Lettre d'Edouard à sa bien aimée retrouvée près d'un siècle après sa rédaction. Nous n'avons malheureusement pas encore retrouvé la réponse et la suite qui en fut donnée. Ces vieux tiroirs sont remplis d'histoires passionnantes ou passionnées...mais je vous laisse lire et découvrir.
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30 janvier 19..

Chère amie,

J'ai eu beaucoup de mal à reprendre la plume pour vous écrire cette lettre. Je ne sais comment vous dire, ma douce, vous me manquez tellement qu'à chaque mot que je couche sur ce papier, mon corps tremble et empêche ma main d'être guidée. De légers soubresauts qui m'interdisent d'aligner correctement mes phrases, je pense que vous pourrez me le pardonner ? C'est l'amour que je vous porte qui l'exige.

Je ne cesse de lire votre dernière missive et ce papier parfumé que vous utilisez pour m'écrire, est très présent et n'arrête pas d'effleurer mes sens. Comment avez-vous deviné que cette odeur est si particulière à mes yeux ? C'est sûrement votre passage l'été dernier qui en témoigne. Je me souviens comme vous étiez subjuguée par mes parterres de roses, de toutes les couleurs. Vous étiez si jolie dans votre robe mousseline blanche avec de légères dentelles, votre petite ombrelle qui protégeait votre visage si délicat. Vos boucles d'or qui descendaient sous vos épaules, elles étaient assez rebelles à la moindre brise, ce qui obligeait vos mains laiteuses à les embrasser par moment. A chaque fois que vous prononciez un mot, je ne pouvais qu'admirer vos lèvres si sensuelles, si rouges et votre petit nez se retrousser à chaque expression. Je ne peux également me départir de votre regard lorsque vous le posiez sur mes roses, des yeux rieurs d'un bleu éclatant, j'ai cru que vous étiez un ange tellement cela me semblait irréel. Vous me manquez ma chère Catherine.

Vous vous amusez sans doute de cette situation, rien ne vous presse, j'en ai le sentiment profond. Votre père s'oppose-t-il encore à notre amour ? Ou est-ce votre espièglerie qui se joue de moi ? Je ne sais que penser Catherine, j'ai parlé à votre père et il me semblait favorable à notre union. Vous savez que mes études de droit sont terminées à présent et j'ai eu la chance d'être engagé dans le cabinet de mon parrain. Vous ne manquerez de rien et vous le savez, qu'est-ce qui peut encore vous retenir si loin de moi ? Vous avez peur de vous engager ? C'est ce que j'ai ressenti en lisant votre lettre.
De quoi auriez-vous peur ? Vous savez que vous pourrez rester libre tout en m'épousant et que je ne vous empêcherai jamais d'exercer un métier. Je vous encourage même à reprendre des cours si vous le désirez. N'ayez crainte, notre mariage ne vous coupera pas les ailes et je serai incapable d'exiger de vous de rester à la maison, élever nos futurs enfants si tel n'est pas votre désir. Je vous supplie Catherine d'arrêter de me faire souffrir et de venir à moi dès la réception de cette lettre.

Vous rappelez-vous de notre première rencontre ? Je la revis sans cesse et me souviens de ce jour comme le plus merveilleux. J'étais en stage dans votre ville et j'ai profité d'un moment de repos pour me promener dans le parc municipal. Au coin d'un petit sentier, je vous ai vu ma Catherine dans votre robe en soie rose, votre taille si finement enlacée dans un bandeau rose foncée, vous étiez si jolie. Je vous voyais assise sur vos talons, bien droite, à essayer de nourrir tous ces canards avides de vos tendres morceaux de pain. Vous ne m'avez pas vu tout de suite et j'ai eu le temps de vous contempler, vos boucles d'or étaient tressées et retombaient comme une liane, mon c½ur a chaviré à cet instant. Je me suis approché, j'avais envie de m'asseoir tout près de vous, de baiser votre main. Quand votre regard si perçant a croisé le mien, j'ai senti que vous vidiez mon âme, tellement il était profond. J'ai su à peine balbutier un bonjour, j'étais extrêmement intimidé, était-ce possible qu'une beauté telle que la vôtre puisse exister ? Oui, c'est possible mais j'ai douté un instant que vous puissiez être une apparition. Un rayon de soleil a provoqué un clignement de vos yeux en amande et j'ai pu, grâce à cela, reprendre de l'assurance, je ne me sentais plus paralysé par l'émotion. Pourquoi, par la suite, avez-vous feint ma présence ? Vous étiez aussi gênée que moi, pourtant je ne suis pas très beau. Je suis assez fier de vous avoir transmis une sensation, c'est que vous n'étiez pas insensible également. Votre père nous a rejoint, il devait sûrement se demander ce que je faisais là, ahuri, les bras ballants, hypnotisé par sa fille. J'ai donné une mauvaise image de moi et je le regrette, votre père a eu beaucoup de mal à m'accepter, par la suite, auprès de vous. J'étais si jeune et tellement inexpérimenté, je ne connaissais rien aux femmes.

Votre père a fini par comprendre que j'étais un bon parti pour vous et que je pouvais également vous rendre heureuse, d'ailleurs je m'y engage. Oh Catherine, je désespère, je ne tiens plus, tout me devient pénible. L'été dernier, votre départ a été si précipité alors que vous étiez là que depuis quelques jours. Vous vous en excusiez même et vous m'avez parlé de la longue agonie de votre mère, que vous n'aviez pas le c½ur à la laisser seule mais alors, pourquoi êtes-vous venue ? Je suis sûr que votre mère attendait votre soutien et que votre aide lui était précieuse jusqu'à son dernier souffle. J'aurais préféré vous rejoindre et resté auprès de vous, vous aidez à passer le cap de votre douleur. Je me sens si démuni et je me demande ce que votre mère a du penser de moi, se dire que j'ai éloigné sa fille alors qu'elle souffrait. J'ai tellement de peine. Vous m'aviez montré une photo de votre mère, quelle ressemblance frappante, j'ai cru que vous étiez s½urs et je suis torturé à l'idée que je ne pourrai plus jamais la rencontrer. J'aurais tant voulu mieux la connaître pour lui montrer à quel point, elle pouvait avoir confiance, que sa fille serait entre de bonnes mains. Son absence à notre mariage sera un grand vide mais je m'attellerai en conséquence pour que ce soit, pour vous, une journée inoubliable. Je vous parle mariage mais je ne connais pas vraiment votre décision sur ce projet que nous pourrions avoir en commun. Je m'avance peut-être mais je vous aime profondément Catherine.

Ma s½ur va bientôt épouser le Baron de Saint-Vaast, je pense que vous le connaissez ? Votre père m'en avait parlé, il est très ami avec le père de mon futur beau-frère. Que le monde est petit, vous ne serez pas en terrain inconnu et ma s½ur vous apprécie déjà. Peut-être que leurs noces seront une occasion de se revoir ? Ils se marient le 15 mars prochain, j'espère que vous serez là avec votre père. Je vous attends déjà avec impatience, vous me manquez ma douce. Vous avez tout le temps pour y réfléchir mais je ne suis pas le seul à espérer votre venue, ma famille a hâte également. Ma s½ur vous enverra une invitation ainsi qu'à votre père, ne vous sentez pas obligée d'y participer pour autant mais sachez que vous êtes aimée et déjà adoptée par les miens.
Je dois vous laisser ma chère Catherine, j'espère vous faire fléchir et que vous répondrez favorablement à ma demande.


Votre Edouard

# Posté le mercredi 12 mars 2008 17:23

Modifié le lundi 05 mai 2008 03:39

Blue Lagon

Blue Lagon
Encore une soirée froide, les jours se suivent et se ressemblent mais quand donc cet hiver va s'arrêter, je n'en vois pas la fin.

Le téléphone sonne. Cela fait tellement longtemps que je n'avais plus entendu ce bruit que j'en ai sursauté. Quelqu'un pense à moi, j'existe.

Je me précipite pour décrocher, en espérant que ce ne soit pas une erreur.

- Linda ?
- Oui ?
- C'est Nathalie à l'appareil, tu vas bien ?
- Oui, je vais bien et toi ?
- Oui aussi mais je n'ai pas trop le temps. En fait, je te téléphonais pour te dire que comme c'est bientôt ton anniversaire, j'ai pensé t'inviter au Blue Lagon avec des amis.
- Nathalie, ça fait longtemps et tu n'as pas oublié mon anniversaire, c'est sympa ça, j'en suis ravie. Je ne connais pas le Blue Lagon.
- C'est une surprise, on passe vendredi vers 22h, cela te convient ?
- Oui, ok.
- A vendredi alors. Je dois te laisser. Bisous.
- Oui. Bisous Nathalie. A vendredi.

Je repose le combiné et je me laisse tomber dans le divan. Le Blue Lagon mais qu'est-ce que c'est encore cette histoire ? Connaissant Nathalie, cela doit être encore quelque chose de spéciale. Attendons vendredi.

Je me suis faite toute jolie, petite jupe orange sexy avec des bas noirs et des bottes et pour le haut, un petit top longue manche, on est quand même toujours en hiver.

Vendredi, il est 22h10 et on sonne à la porte. Ma Nathalie est toujours ponctuelle, enfin presque. J'ouvre la porte et en voyant leur tenue vestimentaire, je ne regrette pas d'être habillée d'une manière sexy, ils le sont aussi. La soirée s'annonce prometteuse...

Nous nous engouffrons tous dans la voiture tout en faisant les présentations car à part Nathalie, je ne connais personne. Il y a Anthony, Yves, Nathalie bien sûr, moi ainsi que Catherine qui a aussi un piercing sur la langue. Elle est déjà habituée à parler avec ce petit bijou. Moi, par contre, je zozotte encore beaucoup, il faut dire que j'ai été piercée mon bout de chair il y a une semaine seulement. Ils sont déjà entrain de tous rire à chaque fois que j'ouvre la bouche, je vais devoir rester zen pour ne pas en frapper un.

Nous arrivons à Bruxelles. Nous nous garons dans une petite rue qui, à voir les petites lampiottes allumées, fait partie d'un des quartiers les plus chauds de la capitale et qui confirme ce que je pense depuis le début, je ne vais pas m'ennuyer ce soir.

La porte de l'établissement ne paie pas de mine mais il y a le beau logo en bleu : Blue Lagon au-dessus de celle-ci. A l'ouverture de la porte, je sens déjà des effluves d'eau, le bruit de petites fontaines ainsi que des odeurs indescriptibles, mélange de parfum, tabac et alcool. Il m'a fallu quelques minutes pour que mes yeux s'adaptent à l'obscurité, il fait très noir à l'intérieur. Quel contraste avec l'extérieur, il fait bouillant ici, le peu de vêtements que j'ai sur moi, sont déjà de trop.

Au fur et à mesure que nous entrons, nous recevons chacun un peignoir d'une charmante hôtesse qui sert également au comptoir. N'y tenant plus, je commence à poser des questions à Nathalie.

- C'est quoi comme genre d'établissement ici ?
- Tu verras Linda.
- Oui mais qu'est-ce que je dois faire de ce peignoir ?
- Suis-nous, nous allons tous nous déshabiller et enfiler ce peignoir.

Mon visage pâlit, ai-je bien entendu ? Je dois me déshabiller ? Etre nue sous cette loque ? Je ne me sens pas bien tout d'un coup, je ne pourrais pas me promener en tenue d'Eve devant tous ces étrangers, il n'en est pas question !

- Je veux rentrer immédiatement Nathalie, je ne resterai pas une seconde de plus ici.
- Calmes-toi Linda, Tu n'es pas obligée d'être totalement nue, tu peux restée avec tes sous-vêtements. Il n'y aura aucun problème, ne te tracasse pas.
- Bon ok, je veux bien rester mais alors je garde mes sous-vêtements.

Nous montons à l'étage où il y a une petite salle de déshabillage pour les femmes avec des petits casiers et une même salle pour les hommes. Mais il n'y a aucune séparation, les hommes et les femmes se voient s'habiller et se déshabiller mutuellement. Cela ne me plaît pas de trop tout ça mais bon, je me laisse guider. Pour une fois, je mets cette foutue morale étriquée au placard mais je resterai quand même avec mes sous-vêtements pour le côté sexy, car ils sont transparents. Personne ne perdra une miette de mon anatomie. Il y aura simplement un léger voile translucide par dessus, cela laisse un côté mystérieux et inaccessible. Bien mieux que de se mettre nue comme ça, en direct, devant tout le monde.

Nous descendons tous ensemble, j'ai pris soin d'enfiler mon peignoir, tout garder intact et énigmatique. Tous ces hommes pourront faire travailler leur imagination. Qu'est-ce qui se cache là en dessous ? Surprise.

Nous arrivons au bar et les hommes, Anthony et Yves, commandent des bouteilles de Whisky avec des bouteilles de cola. Je n'aime pas le Whisky, j'y suis allergique. Pour moi, ce sera un gin orange. Nous sommes là à siroter nos verres et je vois tous ces hommes qui me matent, surtout Anthony. Visiblement je lui plais et il est sûrement entrain de se demander comment il va pouvoir aborder une fille aussi farouche que moi. Je ne me la joue pas vieille France mais je suis un peu mal à l'aise et ils l'ont tous ressenti.

Nathalie, par contre, ne perd pas de temps. Elle se jette dans les bras d'Yves et ils commencent à se bécotter. A mon avis, ces deux-là n'étaient pas à leur premier coup d'essai, à les voir s'embrasser si goulûment. Catherine à l'air d'être las, elle a des vues sur Anthony, c'est clair. Elle me jalouse de voir que je suis son centre d'intérêt et qu'il cherche, à tout prix, à trouver un terrain d'entente avec moi.

Je prends Nathalie par la main et je lui demande que nous fassions un petit état des lieux de l'endroit. Je n'ai encore rien vu, à part le bar et les vestiaires. Je suppose qu'il y a des points d'eau, mais quoi exactement ?

Nous nous levons tous de nos tabourets pour nous diriger près de l'entrée où il y a un petit couloir avec un escalier en colimaçon. Nous le descendons tranquillement. Et Oh merveille, ce qui se présente à moi est vraiment beau, je ne regrette pas d'être venue. Il y a deux jacuzzis : un grand et un petit, un hammam et un sauna. Je comprends maintenant pourquoi tout le monde est nu. Malgré tout, je ne suis toujours pas décidée à enlever les petits morceaux de tissu qui me restent sur le corps, je veux garder une part de suspens.

J'enlève mon peignoir et je vais tout doucement m'asseoir dans le petit jacuzzi. Délicieuses, ces petites bulles qui dansent sur moi et qui trifouillent mes parties intimes. Quelle chaleur ! Je m'endormirais presque, je me laisse glisser. Anthony en profite pour s'installer à côté de moi et pose sa main sur ma cuisse. Un autre homme s'incruste entre moi et Nathalie qui était de l'autre côté. Je suis entre deux hommes. L'autre, dont je ne connaîtrai jamais le prénom, pose également sa main sur ma cuisse. Je me laisse bercer mais Anthony n'a pas l'air content donc c'est que nous ne devions pas être dans un club échangiste. Finalement, se sentant de trop dans notre petit groupe, l'homme se retire du bain à bulles et s'en va sans un regard pour Catherine, la pauvre. Elle doit se sentir bien seule tout d'un coup.

Nathalie et Yves sont toujours autant affairés avec des gestes de plus en plus précis. Ils n'ont plus leur peignoir, ils sont nus et c'est plus facile. Anthony reste doux avec moi et respecte mon choix d'être restée en petite tenue, je crois même que cela l'émoustille. Il aura plaisir à me découvrir petit à petit et c'est ce qu'il commence à faire d'ailleurs. Il me caresse la cuisse et remonte jusqu'à mon sexe, il a l'air bien pressé en tout cas. Je lui retire sa main pour la mettre sur mon sein, commençons par là. Il me pelote d'une main ferme la poitrine et de l'autre main, il me caresse le visage, les cheveux et cette eau qui bouillonne autour de moi, c'est un vrai délice.

Il a à peine posé ses lèvres sur les miennes, que je deviens toute excitée, tout s'accélère. Je prends sa tête entre mes mains pour l'embrasser à pleine bouche. On se lèche les contours, je lui titille le dessus de ses lèvres avec mon piercing et je lui enfonce ma langue dans sa gorge. Il est surpris mais il obtempère au quart de tour, il attendait tellement cela depuis le début qu'il en bave. Nous sommes comme des sauvages, comme si plus rien n'existait autour de nous, je dirais même plus, comme des bêtes assoiffées de sexe.

Il prend maintenant mes seins à pleine main, les massent très fortement. Cela me fait un peu mal mais j'aime ça, je commence à rougir. Il arrache mon soutien-gorge et mordille mes tétons, il les aspire tellement violemment que j'ai l'impression qui va me les arracher mais je maintiens sa tête, je ne le lâche plus. Tout en s'occupant de mes seins avec sa bouche, il arrache mon slip et enfonce directement deux doigts dans mon vagin. Je sursaute, ma tête tombe en arrière, mes joues picotent. Je crie. Oh que c'est bon, c'est si brutal.

Je reviens à moi, je suis nue et mes sous-vêtements sont déchirés mais je suis bien, je suis heureuse. Les bulles sont finies, il faut attendre une dizaine de minutes pour qu'elles jaillissent à nouveau, j'en profite pour sortir et remettre mon peignoir. Anthony me regarde, je rougis. Je lui tends la main pour l'aider à sortir et nous nous dirigeons vers le hammam. Je prend un essuie que j'allonge pour nous deux, nous nous asseyons côte à côte. C'est à ce moment-là que je remarque que son corps est empreint de désir, je vois son membre en érection, bien droit, bien tendu. Je m'agenouille devant lui, je lui écarte ses cuisses et je pose ma bouche sur son sexe. Je le suce avec beaucoup d'avidité tout en prenant ces testicules avec mes mains. Je les malaxe et je fais glisser mon piercing tout le long de son penis. Je mordille le bout tout en le contournant avec ma langue. Il tient ma tête avec ses mains, il ne veut pas que je m'arrête, il pousse des râles.

Tout d'un coup, il repousse ma tête, passe derrière moi et me pénètre d'un coup. Je m'accroche au bord du banc, il s'agrippe à mes seins. C'est violent mais je ne lui dis pas de s'arrêter, je vais exploser, je le sens, je n'en peux plus. Je crie, je hurle, je jouis. Il continue son va et vient comme un sauvage, il attrape mes fesses, y enfoncent ses doigts tout en jouissant, il crie lui aussi. Je suis épuisée, je suis laminée. J'ai mal aux genoux. Anthony m'aide à me relever et nous sortons rejoindre les autres dans le jacuzzi.

- Linda ? Linda ? Linda ?
Nathalie pose sa main sur mon épaule et me secoue.

- Linda ! Réveilles-toi, le film est fini.

# Posté le mercredi 12 mars 2008 17:00

Modifié le lundi 05 mai 2008 03:39

Escort Boy

Escort Boy
Ce soir, c'est le grand soir. Présentation officielle de mon fiancé à mes parents. Ils ont toujours été très difficiles concernant mes choix amoureux et il ne faudrait pas les décevoir.

Mais il y a un hic, un énorme hic d'ailleurs, Remy vient de me quitter il y a deux jours. N'ayant pas eu les mots pour en parler avec eux, j'ai eu l'idée d'un subterfuge. De tout façon comme je ne les vois que deux fois l'an, j'aurai le temps, par la suite, de leur dire que je l'ai quitté pour x ou y raisons.

L'idée a germé le lendemain de la séparation et sur le conseil d'une amie, j'ai fait appel à une agence d'Escort Boy. J'ai expliqué ma situation à mon interlocutrice en lui faisant part de mes critères de sélection. Je voulais un homme grand, bien bâti, très cultivé avec des cheveux noirs et des yeux bleus. Il devait ressembler le plus possible à mon ancien amant. Par chance, il venait d'y avoir un désistement et elle me proposa le beau David qui correspondait à ce que je recherchais, sauf qu'il avait les cheveux longs, jusqu'aux épaules. Tant pis, je ne pouvais pas me permettre d'être trop difficile et le rendez-vous fût pris pour samedi 20h. Il resterait auprès de moi pendant cinq heures et je pourrais en disposer à mon gré mais il serait toujours en droit de refuser si quelque chose ne lui conviendrait pas. À 100 euros de l'heure, j'espère ne pas être déçue sur la marchandise.

A qui pourrait ressembler ce beau David ? D'après mon interlocutrice, c'est un des hommes les plus courtisés de son agence. Un de ces mâles que l'on ne fait plus. Je trépigne d'impatience rien qu'à cette idée en faisant les cents pas dans mon salon. Je suis prête depuis une bonne heure déjà, j'aurai juste à effectuer une petite retouche de maquillage avant de partir. Tout d'un coup, mon portable sonne. Ce n'est pas bon signe.

- Allo ?
- Viviane ? C'est maman
- Maman ? Que se passe-t-il ? Nous nous voyons dans une heure !
- Rien de grave, ma chérie. Ton père ne se sent pas trop bien ce soir et il aimerait bien reporté notre rendez-vous à la semaine prochaine.
- La semaine prochaine ? Comment ça ? Et Remy alors, je ne pourrai pas vous le présenter.
- Pourquoi tu ne pourrais pas nous le présenter, il ne va pas s'envoler en une semaine quand même ! Papa a déjà décommandé le restaurant. Samedi prochain 20h, cela te va ?
- Oui d'accord mais je serai peut-être seule alors parce que Remy ne connaît pas toujours ces horaires de travail à l'avance et je ne sais pas te dire si il sera là samedi prochain ou pas.
- Ecoute ma chérie, le plus important, c'est que nous nous voyons même si Remy n'est pas avec toi. Ce sera l'occasion de se revoir. Je t'embrasse ma puce, ton père m'appelle. A samedi, rendez-vous au même restaurant.
- Ok, à samedi. Je t'embrasse maman et fais un gros bisou de ma part à papa. Je vous aime.

Au moment où je raccroche, le carillon retentit. C'est sûrement David. Qu'est-ce que je vais faire de lui à présent ? J'ai un Escort Boy à ma porte, à 100 euros de l'heure et je n'en ai plus vraiment l'utilité. Je vais essayer de négocier et lui demander de revenir la semaine prochaine.

J'ouvre la porte. David est là sur le seuil et me fait un large sourire. J'ai les jambes qui flageolent, je n'aurai pas le courage de reporter le rendez-vous, il est trop craquant. Je l'invite à entrer, nous nous dirigeons au salon où je lui offre un bourbon. Installée face à la lui, je lui explique en quelques mots la situation. Il me répond qu'il est impossible de reporter le rendez-vous, qu'il est déjà trop tard. Ce n'était pas vraiment mon intention et je lui propose d'aller dîner au restaurant, rien qu'à nous deux. Il ne refuse pas même si ce n'est pas ce qui était prévu au départ et puis c'est moi qui paie de toute façon.

Nous arrivons dans la petite rue des Bouchers à Bruxelles. Petite rue où il y a un restaurant de fruits de mer tous les deux mètres. Intéressant pour les amateurs des produits de la mer, ils seront comblés et puis il y a toujours moyen de négocier le prix avant d'y entrer. Ils sont tellement les uns sur les autres, que c'est au plus offrant et pas besoin de réserver à l'avance. Nous nous promenons main dans la main, dans cette petite ruelle étroite, en quête d'une brasserie à mon goût. Non seulement, je veux manger des fruits de mer mais j'ai envie d'être dans un environnement plaisant. Retrouver une ambiance comme celle que j'avais connu lors de mon dernier voyage à Paris quand nous avions dîné, Remy et moi, dans une brasserie Porte de Clichy.

J'en vois un au bout de la rue qui m'a l'air bien sympathique, nous y entrons. Nous avons, la chance, d'avoir une table de deux personnes, dans un petit coin, isolée des autres. Nous nous installons face à face, je plonge mon regard dans le sien. Il a compris qu'il me plaisait et que j'attendais plus de lui que de la simple courtoisie. Nous commandons un plat de fruits de mer pour deux personnes ainsi qu'une bouteille de vin blanc.

Pendant tout le repas, nous discutions à bâton rompu, de sa vie, de la mienne. Je voulais tout savoir de lui comme si nous étions en rendez-vous, que nous faisions vraiment connaissance. N'y tenant plus, je commence, avec mon escarpin, à lui caresser la cheville. En même temps, il me prend la main. Apparemment, il ne serait pas contraire d'aller plus loin. Je lui plais aussi et il ne s'en cache pas, il n'arrête pas de me le murmurer à l'oreille. J'enlève mon escarpin et mon pied frotte sa jambe en la remontant progressivement jusqu'à atteindre son entrejambe. Il me regarde et ne bronche pas, je décide alors de m'y aventurer. Je me laisse glisser légèrement de mon siège et mon pied atteint la fierté de tout homme normalement constitué. Je le pelote doucement et me rend compte qu'il est déjà tout dur. Je descends légèrement mon bustier pour laisser apparaître la naissance de mes auréoles et je passe ma langue autour de mes lèvres. Je l'excite, ça se voit. Il ne me reste plus beaucoup de temps, cinq heures, c'est vite passé. Nous décidons de rentrer et de continuer dans la douceur de mes draps ce que nous avions commencé ici.

Arrivés à la maison, je me jette sur lui sans perdre une seconde. Il ne me repousse pas, je continue et décide de le déshabiller. Je lui ôte sa veste, sa chemise, je caresse ce torse musclé. Un vrai Apollon, un Dieu vivant, une vraie bête. Il me prend à bras le corps, grimpe les escaliers, entre dans ma chambre et me projette sur le lit. Il plonge sur moi et m'arrache mon bustier qui libère mes seins d'un coup. Il les caresse frénétiquement et mon excitation est à son comble. Il prend mon visage entre ses mains et m'embrasse à pleine bouche. Il s'arrête et me dit qu'il veut tout reprendre lentement, que je puisse savourer chaque instant.

Sa main effleure mes joues déjà rosies. Il frôle délicatement mes cils, le contour de mes yeux, de mon nez, de mes lèvres. Son doigt s'insinue dans ma bouche, je le suce et l'aspire avec instinct. De son autre main, il me caresse les cheveux, le lobe des oreilles, mon cou jusqu'aux épaules. Je suis avide, j'ai envie qu'il me pénètre, je n'en peux plus d'attendre. Il retire un foulard de sa poche et me bande les yeux, je ne proteste pas. C'est la première fois et le fait de ne rien voir, décuple déjà mes sensations. Il me retourne sur le ventre, prend mes mains dans les siennes et je sens qu'il les attache au barreaux du lit. Il écarte mes jambes et ligote chaque pied à un bord du lit, j'ai un peu peur mais je reste confiante.

Il amorce avec ses doigts le haut de mon dos et descend tout le long de ma colonne. J'ondule dans tous les sens, les moindres petits recoins de mon corps sont à fleur de peau. Mon désir, pour lui, est tel que mon sexe ne risque pas de s'assécher de si tôt. C'est dur de tenir, il me fait languir et j'ai tellement envie de le sentir en moi. Il enlève ma jupe, mes fesses sont mises à nues, ils les cajolent avec sa langue. Mon bassin monte et descend tout seul, je ne contrôle plus mon corps. Il introduit un doigt dans mon vagin pour l'humidifier, le fait glisser sur ma raie et le faufile dans mon anus. Je sursaute, mon corps tressaille. Comme je suis ligotée et que mes yeux sont bandés, je ne sais pas trop où il va et ce qu'il compte faire de moi. C'est enivrant et c'est excitant à la fois. J'ai tous mes sens en éveil. Il passe son doigt très légèrement sur mon clitoris mais ne s'attarde pas. Ses mains filent le long de mes jambes et ils s'attardent un long moment sur mes pieds. Ses doigts passent et repassent entre mes orteils, glissent sur les plantes de mes pieds et remontent sur mes chevilles. Il essaye de ne rien oublier. Je commence à bouillir, je lui demande de me prendre tout de suite.

Je l'entends enlever son pantalon, son slip. Je sens son membre chaud et bien tendu sur mes fesses. Il le tapote sur la raie, il hésite. Il met son doigt d'abord, le retire et me pénètre d'un coup. Une sensation de chaleur intense m'envahit, mon c½ur bat très fort, j'halète. Je sens ses mouvements de va et vient en moi, ses mains qui s'agrippent à mes hanches. Son doigt revient sur mon clitoris, il le caresse doucement puis de plus en plus vite, en harmonie avec le rythme de ses oscillations. Je crie de jouissance, je hurle mon bonheur, j'ai une explosion orgasmique. Lui aussi, il ne se contient plus. Il me maintient plus fermement, j'entends ces râles. Nous sommes épuisés mais je suis heureuse. Il se retire doucement et se couche sur le côté. Je lui souris, je crois que je suis amoureuse. En plus d'être très beau, il fait aussi très bien l'amour. Je le veux près de moi pour toujours.

- Quelle heure est-il Viviane ?
Je soulève ma tête et je regarde le réveil.

- Il est presque une heure du matin David.
Soudain, je reprends mes esprits. Je blêmis. C'est vrai, ce n'est qu'un Escort Boy, ce n'est pas mon fiancé. David me prend la main.

- Viviane, je veux bien rester jusque six heures du matin si tu veux. Comme je t'aime bien, je te demanderai qu'un petit supplément de 200 euros.

# Posté le mercredi 12 mars 2008 16:44

Modifié le lundi 05 mai 2008 03:39

Absence

Absence
Encore une journée sans elle, une de plus.

Je n'arrive pas à me résoudre que tu sois partie pour de bon, je n'arrive toujours pas à y croire. Tu me manques tellement.

Je me souviens de notre première rencontre, tu es entrée dans cette classe toute perdue en cherchant du regard une connaissance éventuelle. Tu te demandais où tu étais, ce que tu faisais là et tu as pris la première chaise qui se présentait à toi pour t'y asseoir. Qu'est-ce que tu étais consciencieuse et assidue, il n'y avait pas moyen de te déconcentrer et ton regard restait axé sur le professeur jusqu'à la fin de la première partie de la leçon. Heureusement, à l'intercours, j'en ai profité pour me glisser à côté de toi et engager la conversation. Tu étais timide et assez réservée mais tu as bien voulu me répondre, m'accorder un peu de ton temps.

Tu étais si jolie avec tes cheveux auburn mi-longs, tes yeux bruns en amande qui mangeaient ton visage et ton sourire, je n'avais jamais vu des lèvres aussi sensuelles et pulpeuses. Tes longues chaussettes noires qui remontaient aux genoux et laissaient découvrir l'amorce de tes cuisses, c'était à la mode à l'époque et très sexy. Je n'arrivais plus à suivre la leçon, tellement j'étais subjugué par ta beauté, j'avais l'impression de rêver. Quelle bonne idée avais-je eu de m'inscrire à ces cours du soir ! Je venais pour m'instruire et je t'ai rencontré.

Il était tard quand nous sommes sortis de l'école et je t'ai demandé si je pouvais t'accompagner jusqu'au métro. Tu as accepté tout de suite, il faut dire que l'endroit n'était pas très sûr et que la nuit noire était déjà présente. En chemin, je t'ai proposé de boire un verre et quelques camarades de classe se sont joints à nous. J'ai pu enfin te parler, j'avais l'impression que nous nous connaissions depuis toujours. La soirée était très animée, tout le monde était avide de bavarder, pressés comme si le temps de chacun était compté. Tu avais raté ton dernier métro et je décidai de te conduire jusque chez toi, je n'allais pas te laisser seule dans les rues froides et aseptisées. Nous nous sommes quittés ce soir-là devant ta porte et nos regards en disaient long, je pense que nous nous aimions déjà.

Nous nous voyions trois fois par semaine et souvent, après les cours, nous buvions un verre ensemble. Au départ, nous étions un petit groupe d'une dizaine de personnes et au fil du temps, il s'est réduit comme une peau de chagrin. Finalement, nous ne nous sommes retrouvés plus qu'à deux, quel bonheur ! Nous n'arrêtions plus de discuter jusqu'à des heures pas possibles autour d'un bon café. C'était à nos débuts, les prémices, qu'est-ce que nous étions timorés quand même ! Nous avions des tas de points communs, les mêmes buts dans la vie mais aucun de nous n'osait faire le premier pas. Notre liaison est restée, pendant quelques mois, assez platonique, même pas de baiser chaste. C'était agréable car nous voulions bien nous connaître avant d'aller plus loin, nous avions l'un et l'autre, eu tellement de déceptions amoureuses par le passé.

Ce jour-là arriva sans que chacun de nous, en ayons même la perception. C'est moi qui me suis jeté à l'eau le premier et j'ai profité que tu sois partie aux toilettes pour prendre une bonne respiration et me lancer. J'avais tellement peur que tu refuses, mon c½ur battait très fort, il était prêt à exploser dans ma poitrine. Quand tu es revenue t'asseoir, j'ai pris ta main et je t'ai regardé dans les yeux. Je n'avais pas encore ouvert la bouche que tu avais déjà deviné ce que j'allais dire, les femmes ont un réel sixième sens. J'ai balbutié quelques mots quasi incompréhensibles et tu m'as dit : «Je sais». J'étais tout fou et je t'ai embrassé. J'étais tellement stressé que je n'arrêtais pas de baver comme un adolescent pré-pubaire qui en était à son tout premier baiser, quelle gêne ! Mais tu es passée au-dessus de cela, tu étais aussi gauche que moi. Après notre premier baiser, nous n'arrêtions plus, nous nous mangions la bouche. Nous avions attendu pour en arriver là mais c'était comme si nous aurions voulu y arriver tout de suite, le premier jour et que maintenant, nous avions du temps perdu à rattraper.

Nous sommes rentrés chez toi et ce soir-là, je suis resté. Je n'oublierai jamais ces instants-là qui allaient nous lier pour toujours. Je me suis assis sur ton lit et j'ai déboutonné ton chemisier, tu étais debout devant moi. Tu avais la peau douce et laiteuse, un ventre magnifique. Je pouvais deviner à travers ton soutien-gorge que je m'empressai de dégrafer, des seins plantureux. Je ne me suis pas trompé, ils étaient fièrement dressés devant moi et n'attendaient que mes mains et ma bouche. J'enfouis ma tête entre les deux et je commençai à les palper, à les embrasser fougueusement. Je voyais ta tête qui partait en arrière, tu souriais. Je n'oublierai jamais tes jolies fossettes au coin de ta bouche, tes petites tâches de rousseur, qui apparaissent sur ton nez en été. Tu incarnais la femme, ma femme. Je me levai et te pris dans mes bras, je te couchai sur le lit. Je te dévorais des yeux, qu'est-ce que tu étais belle ! Je te déshabillai, ta jupe, tes bas, tu n'avais plus que ta petite culotte. Tu n'osais pas me toucher ce soir-là, tu étais tellement embarrassée et j'ai fini par me dévêtir moi-même.

Je te pris les mains et je léchai tous tes petits doigts, un par un pour remonter par la suite, tout le long de tes bras, je voulais connaître toutes les parties de ton corps. Je déposai délicatement de petits baisers sur ta poitrine pour descendre jusqu'au nombril. Je n'osais pas aller plus bas, je ne voulais pas te brusquer mais c'est toi, qui m'as guidé. J'ai enlevé ta petite culotte, ton sexe était offert, il était splendide ! Je ne sais pas si il y a vraiment une notion de beauté pour un sexe mais le tien était magnifique, bien dessiné avec juste une petite toison qui faisait toute la beauté du corps d'une femme. Je suis tombé amoureux de toi et de ton corps. Plus tard, je me souviens que tu n'arrêtais pas de te plaindre que tu avais des vergetures et de la cellulite, j'avais beau dire que je ne voyais rien mais tu ne voulais rien entendre, cela t'obsédais vraiment. Je peux te le dire maintenant, un homme amoureux ne voit et ne verra jamais les défauts physiques de sa compagne même si tu lui mets le nez dessus. Ce n'est pas que l'amour soit aveugle mais l'homme aime un tout chez une femme et pas seulement une paire de fesses ou les seins ou le ventre etc.., ce dont beaucoup de femmes semblent être persuadées mais c'est faux. C'est toi, la personne et non ce que tu représentes, tu me plais comme tu es, je t'aime.

Je caressai ton sexe qui était déjà humide et qui demandait, ton corps avait envie de moi. Je n'étais pas pressé et je continuai le long de tes jambes jusqu'à tes pieds. Je me suis amusé à mordiller tes orteils, tu t'en souviens ? Tu aimais ça. Tu t'es mises finalement à cajoler mes fesses, à passer tes mains sur mes pectoraux, tu me contemplais comme si j'étais une gravure. Tu aimais les hommes bien bâtis, bien musclés, un corps de mâle comme on en fait plus. Un homme qui s'entretient et qui fait attention à son corps est un homme qui fera attention aux autres, surtout à sa femme. C'était ta petite phrase fétiche. Un moment, tu t'es jeté sur moi comme une sauvage, tu voulais aller droit au but, tu avais assez languis. J'ai répondu de suite à ta demande, en fait, j'en avais très envie comme toi mais comme toujours, je ne voulais pas que tu te sentes forcée. Nous nous sommes embrassés avidement et je t'ai pénétré d'un coup. Ta tête est partie en arrière et tu as poussé un râle, tes joues ont commencé à rougir. Nous avons fait l'amour langoureusement, nous nous aimions vraiment.

Il commence à pleuvoir ma chérie, je vais devoir te quitter mais ne t'inquiète pas, je repasserai demain. Je ne te laisserai jamais seule dans ce lugubre enfermement.

Je te dépose tes fleurs préférées, des orchidées. Je te laisse ma douce, je t'aime.

Je courus m'abriter sous le porche du cimetière, les larmes aux yeux.

Pourquoi m'as-tu abandonné ?

# Posté le jeudi 03 février 2005 10:19

Modifié le lundi 05 mai 2008 03:40